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Publié par ENSEMBLE 81

Fusionner avec le PS au second tour ?

Pour quelle possibilité d'action sur le réel ?

 

Un discours purement pragmatique  pourrait se comprendre : « gagner quelques sièges au futur Conseil Régional permettrait de mieux promouvoir les idées des écologistes, du Front de Gauche et de la Nouvelle Gauche Socialiste, sans oublier les revendications régionalistes du parti Occitan. De même, quelques revenus financiers pour les formations politiques ne sont pas à négliger. »

Ainsi, fusionner avec la liste du PS au deuxième tour, ce serait en apparence gagnant-gagnant pour les organisations politiques traditionnelles qui reprendraient leurs positions partisanes respectives.

D'autant que certains avancent que « fusionner ne sera pas faire alliance ». Au peuple et au militants, il sera dit la nécessité d'« un cordon sanitaire entre le PS et nous » du fait de :

  • la fermeté sans nuance envers le gouvernement actuel et le chômage conséquent, sans parler de la précarité croissante ;
  • la fermeté sans nuance envers le gouvernement actuel et sa promesse non tenue de fermeture de Fessenheim pendant le quinquennat ;
  • la fermeté sans nuance envers le gouvernement actuel et  la répression syndicale qu'il orchestre ;
  • la fermeté sans nuance envers le gouvernement actuel face au déni de démocratie que constitue la gestion de NDDL et de Sivens ; face à la mort d’un jeune homme, Rémi Fraisse, ainsi qualifiée par le principal édile local : « mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête ».
  • la fermeté sans nuance envers le gouvernement actuel face à … la quasi-totalité des mesures prises depuis 2012.

« Fusionner ne sera pas faire alliance ». Effectivement !

Au sens propre du mot, fusionner signifiera dissoudre, liquéfier le processus démocratique à l’œuvre dans la dynamique du « Nouveau Monde en commun » en ce qu'il représentait une volonté de reconfigurer le partage du pouvoir dans la société.

Et le cordon sanitaire proposé, cet « espace contrôlé en vue de surveiller les accès à une zone où sévit une épidémie », n'est pas là pour faire barrage au FN apparaît seulement comme une protection vis-à-vis des désirs démocratiques de l'homme et du citoyen, de la femme et de la citoyenne qui, dans le « Nouveau monde en commun », voyaient la possibilité de renouveler la façon de faire de la politique.

Ainsi, fusion ou alliance, nous refusons toute complicité avec le PS pour les contradictions et les dévoiements qu'elle implique :

  • eu égard à ce que représente la liste « Nouveau Monde en commun », aux idées, aux valeurs et aux actes qui ont sous-tendu sa formation : faire de la politique autrement en se fondant sur une véritable implication citoyenne ; réhabiliter l'idée que les citoyens doivent être acteurs et décideurs.
  • eu égard au parti de ceux qui sont inlassablement combattus depuis 2012, surtout au nom de l’austérité, de l’ultra-libéralisme, des promesses non tenues et, cerise sur le gâteau, de la répression syndicale. Deux chemises blanches arrachées ne méritent-elles pas le qualificatif de «voyous» à l’encontre des déshabilleurs en attente d’être eux-mêmes complètement déshabillés par le chômage et les sanctions judiciaires ?
  • eu égard à la thèse du Front national selon laquelle nous sommes tous identiques en dehors du FN, prêts à nous unir dans notre alternance convenue de reniement de la patrie au profit des économies mondialisées et du djihadisme conquérant.

A court terme, cette tactique de fusion peut être payante en termes de sièges.

A long terme, elle est désastreuse car elle produit de la désespérance supplémentaire chez toutes celles et tous ceux qui croient encore en nos institutions et nos partis politiques ainsi qu'à leur capacité à produire du changement social. Il en est de même pour les hommes et femmes, les citoyen(ne)s engagé(e)s qui consacrent une grande partie de leur vie à la politique.

Une note d’espoir : ce sera difficile mais il faudra courageusement changer de paradigme si nous voulons retrouver notre indispensable crédibilité. En commençant progressivement à mettre en accord nos discours et nos comportements. Dans l’immédiat, dans la perspective du deuxième tour, chaque électeur de gauche devrait se déterminer en son âme et conscience, pas sur injonction.

La position d'« ENSEMBLE 81 » est de mettre en accord dès ce jour les paroles et les actes : refuser la fusion, retirer nos listes, laisser les citoyens en responsabilité et renvoyer le PS aux résultats de ses politiques antisociales. Notre énergie doit se concentrer sur le besoin de rassemblement. Nous comptons ainsi poursuivre le travail engagé : soutenir la mobilisation citoyenne pour qu'un nouveau monde en commun puisse vraiment émerger.

 

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