Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Bernard Pradines

Le nouveau consolamentum en terre albigeoise

J'ai assisté le lundi 27 mars 2017 à l’Université d’Albi à la réunion de deux quartiers dans laquelle la majorité municipale et Madame le Maire ont évoqué le circuit situé dans la ville et l’implantation d’une grande surface de bricolage dans le quartier de la Renaudié.

Pour ne parler que de la Renaudié, j’ai perçu une grande jouissance et un bel enthousiasme dans les mots et dans le ton : le projet de Leroy-Merlin a été présenté comme inéluctable et hautement souhaitable pour renflouer le pauvre hôpital public qui n'a plus les moyens de fonctionner. En effet, le terrain d'implantation de cette future grande surface appartient à l'hôpital d'Albi par un généreux legs. 

Des arguments qui se voulaient décisifs ont été avancés :

  • le respect d’un équilibre entre la périphérie peuplée de grandes surfaces et le centre-ville du petit commerce, équilibre auquel veillerait la municipalité.
  • l'ARS (Agence Régionale de Santé) aurait fait pression sur l'hôpital pour qu'il vende ce terrain afin d’apporter un indispensable fond propre pour son développement, l’aide de l’ARS étant conditionnée obligatoirement à cette opération.
  • le terrain est constructible et n'appartient pas à la mairie. Donc attitude justifiée à la Ponce-Pilate.
  • le terrain est situé pratiquement dans le centre-ville (sic), donc relève de la simple extension normale de la ville.
  • la mairie a préempté un terrain adjacent afin d’éviter l’extension de la nouvelle zone commerciale.

Ce qui n’a pas été évoqué, la plaidoirie ayant eu lieu à décharge, jamais à charge :

  • la disparition malencontreuse de terrains cultivables de bonne qualité et d’un poumon de la ville.
  • le fait que la mairie est partie prenante du conseil de surveillance du centre hospitalier.
  • la gêne considérable apportée aux riverains, en particulier ceux qui, âgés ou très âgés, habitent la MAPAD (Maison d'Accueil pour Personnes Agées Dépendantes) du Centre hospitalier d’Albi, établissement de 240 places immédiatement voisin de la future implantation.
  • la gêne apportée par les travaux et le trafic sur la voie Albi-Saint-Juéry.
  • la pollution générée par cette activité.
  • le fait que l’on peut être impuissant face à une décision qui ne nous appartient pas mais qu’il est toujours possible d’en faire la critique voire de la condamner. Quitte à ce que cette attitude ne soit que morale, elle prend au moins date pour l’avenir.
  • le fait que les améliorations -fort justifiées- ainsi acquises par le centre hospitalier d’Albi devront un jour prochain être entretenues et renouvelées. Que vendre alors ? La cathédrale d’Albi ?

La réunion publique évoquée ci-dessus a aussi abordé les problèmes posés par le circuit d’Albi. Même enthousiasme cynique en faveur de la pollution sonore et aérienne. La consolation, nouvelle forme du consolamentum dont nous sommes coutumiers en terre albigeoise, devrait nous venir de l’innovation technique censée avoir lieu secrètement à l’aide de véhicules inédits -ne pas trop le dire car c’est secret- sur le circuit. Amen.

 

 

Pour en savoir davantage :

Commenter cet article