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Publié par Bernard Pradines

Editorial : Marx se serait-il trompé ? Première partie.
Editorial : Marx se serait-il trompé ? Première partie.

Parler de Marx, c’est pour certains toucher à un tabou. Pourtant Marx lui-même prétendait s’appuyer sur une démarche scientifique qui ne peut être qu’une remise en cause permanente des connaissances. Autrement dit, l’auteur du Capital ne fut pas le prophète d’une nouvelle religion, même si certaines idolâtries passées ou présentes le laissent penser[1]. Je souhaiterais aborder ici brièvement un premier point de la théorie marxiste : les limites du capitalisme.

Marx nous dit en substance : le capitalisme est son propre fossoyeur et son avenir est d'abord limité par la lutte des classes. Cent trente-six ans après la mort de Karl Marx et cent vingt-quatre ans après celle de Friedrich Engels, force est de constater que cette théorie a laissé largement la place à une limite située dans l’avenir de la planète toute entière. Une hypothèse pourtant envisagée par Marx à plusieurs reprises. Le capitalisme a libéré des énergies colossales et a su s’adapter pour survivre. Il a réussi à surmonter des crises dont on pensait qu’il ne se relèverait pas. Quant aux alternatives du vingtième siècle, elles apparaissent aujourd’hui sous des jours qui sont loin d’être glorieux. De nouvelles classes dominantes, des dictatures et la violence ont enfourché l’idéal communiste à leur profit. Parfois jusqu’au désastre.

Or l’appétit capitaliste insatiable et sa concurrence de tous contre tous sont aux antipodes d’un contrôle citoyen démocratique conforme à l’intérêt général. L’effondrement des alternatives[2] citées ci-dessus n’a fait qu’aggraver les prétentions d’éternité du néolibéralisme.  Désormais, par le biais d’un productivisme effréné et de ses conséquences écologiques, c’est le futur de l’humanité toute entière qui est menacé. L’impératif de la reprise en main de l’économie au profit de l’intérêt général est plus que jamais d’actualité. L'arme atomique et le réchauffement climatique, pour ce dernier de peu d’actualité au XIXème siècle, menacent notre survie.

La difficulté tient d’abord à une mutation radicale qui se doit d’être démocratique, contrairement aux expériences passées. D’où les défiances envers les partis traditionnels et la quête intensive de nouvelles manières d’exercer le pouvoir du peuple. D’où par exemple les Gilets Jaunes en recherche d’une nouvelle manière de vivre en société, même si elle semble maladroite à bien des égards. Mais l'Histoire n'est jamais conforme à un idéal déterminé.

En somme :

La question sociale et l’écologie sont intiment liées au rôle déterminant joué par le système capitaliste et sa forme actuelle néolibérale.  

La recherche de nouvelles manières démocratiques de décider de la chose publique n’est pas une utopie supplémentaire. Elle est un impératif catégorique au niveau mondial. Il y a encore beaucoup à faire.

Karl Marx en conviendrait-il si, tel le Sphinx, il venait à renaître de ses cendres ?

 

[1] Un prophète : Marx. Une bible : le Capital. Des apôtres et des disciples.

[2] Le succès de la formule « there is no alternative » est la confirmation de ce constat.

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