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Publié par Bernard Pradines

Etre vraiment de gauche à l’heure du Covid-19

Editorial :

Toi comme moi avons passé notre vie entière à nous époumoner, à  dénoncer la dérive néolibérale du monde. Au point que je me fais du souci pour le peu de poumon qui pourrait nous rester face à la petite bête qui nous menace ! 

Combien avons-nous fait de déclarations, de communiqués, de pétitions, de « porte à porte », de prêche dans le désert, de réunions, de meetings, de manifestations, de banderoles rédigées, déployées puis rangées ? Combien d’affiches, de tracts, de marchés visités ? Combien de collectes pour les grévistes ? Combien d’indifférences et d’hostilités rencontrées ?

Tout ceci pour combien d’élections décevantes ? Pour deux septennats et un quinquennat déloyaux ? Même les changements climatiques futurs et la pollution ne semblaient pas faire frémir le bel édifice.

Mais voici que survient le minuscule, infiniment plus petit que le plus petit grain de sable qui grippe la jolie machine. Qui met à nu cruellement les imprévoyances liées aux calculs à court terme, les flux tendus, les délocalisations, les inégalités, les fragilités.

Du jamais vu. J’entends, dans mon milieu professionnel traditionnellement conservateur, des confrères universitaires tenir le même discours que nous. Vous savez, ce langage suranné, idéologique, dépassé, utopique. De ceux qui appellent la réponse intelligente suivante : allez voir au Venezuela si la situation est meilleure !

C’est ainsi que j’ai voulu retrouver un professeur d’économie qui était venu, il y a quelques années, dans le Tarn. L’auguste savant nous avait vanté les restrictions budgétaires à imposer au vorace hôpital public. Je comptais le féliciter à la lumière des événements actuels. Hélas, il est mort l’année dernière. Paix à son âme et à ses propositions.

Amis, entendez-vous ceux qui, complaisamment interviewés,  clament haut et fort que le temps n’est pas à la polémique mais à faire face, à s’unir dans une union sacrée remise au goût du jour ? Pour ceux d’entre nous qui ne sont pas encore en « première ligne » ou en « deuxième ligne », il est pourtant loisible de s’informer et de réfléchir un peu. Nous sommes confinés chez nous. Nous accorderait-on le droit de penser ? Non ! Ah bon ?

Eh bien, je vous invite à ne pas vous taire. C’est le moment !

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M
Un autre monde possible dans les pays à économie capitaliste avancée ? J’ai quelques doutes car le capitalisme nous a ‘’habitué’’ à des parades pour sortir la tête de l’eau. Primo voler la richesse produite par ses ouvriers (plus-value). Secondo, voler en exploitant les richesses des pays colonisés, tercio la guerre avec ses destructions nécessitent de gros investissements pour la reconstruction et enfin les découvertes scientifiques et techniques augmentant la productivité pour résister à la féroce concurrence… Ceci dit, avec les exigences de la société organisée dans les démocraties libérales, le système lâche des miettes pour éviter les ‘’mésaventures’’ d’une révolution. Mais comme l’éternité des choses ne fait pas partie de notre monde, des surprises ne déconvenues grandes et petites qui n'ont pas encore réussi à démobiliser les "vieilles" militantes que je n'ai cessé d'être et qui malgré leur âge iront clamer leur indignation à tout va ! merci pour ce papier qui a eu quelque résonance en moi ! MLV
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B
Merci pour ce témoignage fort.