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Publié par Bernard Pradines

Editorial

Paul Quilès, ancien ministre, publie sur son blog un texte intéressant d'un tarnais vivant aux Etats-Unis (référence ci-dessous). Le titre en est "Ces malades qui nous gouvernent" où, d'emblée, l'auteur qualifie Donald Trump de "malade narcissiquequi relève de la psychiatrie, dangereux parce qu'il alimente son égo démesuré par le mensonge, la division politique, les vicieuses attaques personnelles."

Sans nier toute psychopathologie du président des Etats-Unis, je suis loin d'être convaincu par cette phrase qui renvoie à une notion ancienne : la politique relèverait d'abord de la santé mentale de ceux qui l'exercent. Manière de sous-estimer ou de nier les dynamiques économiques, sociales, politiques qui portent des personnes données au pouvoir et/ou de dédouaner les peuples de leurs responsabilités.

Voici mon commentaire publié en regard de cet article :

Je suis réservé seulement sur la notion de maladie narcissique relevant de la psychiatrie. Si j’ai bien compris mes confrères psychiatres, le narcissisme est une tendance de la personnalité, pas forcément une maladie. De manière plus générale, j’ai un peu de mal avec la qualification de malade psychiatrique quand on connait l’utilisation de ce qualificatif en politique, malheureusement pas seulement en URSS.

De plus, les états psychiatriques relèvent en grande partie d’une notion relative. Je veux dire que la psychiatrie d’autrefois ne connait pas les mêmes définitions et limites que celle d’aujourd’hui. Par exemple, même la lecture du grand Sigmund Freud peut nous rendre perplexe quand il range la masturbation au rang des perversions. Bernadette Soubirous et les bergers de Fatima auraient-ils le même succès aujourd’hui ?

Cette variabilité n’est pas que temporelle, elle est aussi spatiale. Ainsi, ce qui est normal dans un pays sera anormal, relevant de la psychiatrie dans un autre, dans une autre culture. Ainsi, les manifestations des pathologies psychiatriques varient aussi selon les lieux.

Enfin, j’ai entendu des témoignages de la génération qui m’a précédé, celle de la deuxième guerre mondiale, évoquer des pathologies psychiatriques à l’origine des comportements des dirigeants nazis. Entre autres, des pratiques sexuelles d’Adolf Hitler jugées déviantes. Ou bien une addiction aux opioïdes d’Hermann Goering pourtant blessé lors de la première guerre mondiale. J’avoue ne pas être convaincu par ces arguments.

L’accusation de pathologie psychiatrique ponctue souvent des conflits entre… psychiatres, mais pas seulement !

En politique, surtout si la personne a été élue, il convient de s’interroger sur la collectivité qui l’a portée au pouvoir. Autrement dit, Donald Trump est-il le symptôme d’une pathologie individuelle discutable ou bien, ce qui me semble plus vrai et plus fertile, celui d’une crise politique d’une Amérique conservatrice qui se crispe face aux défis présents et à venir ?

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M
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