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Publié par Bernard PRADINES

La période actuelle, marquée le 16 octobre 2020 par l’atroce décapitation de Samuel Paty, confronte tous ceux qui se réclament de la gauche et de l’écologie à un défi croissant depuis 2012 : comment éviter l’amalgame entre terrorisme islamiste et la population musulmane de notre pays ? Pire, comment éviter une guerre civile ?

 Pas si simple à ce qu’il semble si on lit diverses déclarations significatives :

 Le communiqué d’ENSEMBLE (blog national)[1], entre autres, traduit cette préoccupation : l’intolérance islamiste, y est qualifiée d’autre "forme du fascisme". A ce propos, à l’encontre des idées reçues, le national-socialisme allemand ne rejetait pas la croyance religieuse[2]. Ce terme historique de fascisme, à connotation gigantesque dans notre pays, s’accompagne immédiatement d’une précaution. Le texte d’ENSEMBLE appelle aussitôt à rejeter les appels à la haine et la stigmatisation des musulmans et des musulmanes.

Un autre texte, en perceptive de l’assemblée générale du mouvement les 8 et 9 novembre 2020, traduit ce double aspect :

« La manifestation du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie, qui a provoqué des débats au sein de la gauche, a montré la forte sensibilité à ce sujet dans une partie des milieux populaires. L’action contre la stigmatisation et les violences faites aux musulman.nes s’impose d'autant plus avec la loi sur le "séparatisme" préparée par Macron. »

On retrouve ces deux aspects dans l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité du 20 octobre 2020 [3] ou encore dans le communiqué du NPA du 17 octobre 2020 [4].

Pour des esprits éduqués dans les principes de la république, cette apparente contradiction ne pose pas  de problème. Encore que. N’entendit-on pas dire dans le passé que Charlie Hebdo l’avait « bien cherché » en jetant de l’« huile sur le feu » ? Qu’il faut respecter les religions car on peut blesser leurs croyants. Pourtant, de telles délicatesses ne sont pas de mise en politique ou en philosophie. Comme si les religions pouvaient bénéficier du caractère sacré qui les fonde et qu’elles  revendiquent comme vérité première ! Toucher mes opinions, ce serait acceptable. Mais atteindre ma religion, ce serait une insulte personnelle. Cet amalgame, ce sont les religions qui l’ont établi, pas la république qui est à l’origine de la loi permissive de 1905.

Comment ne pas comprendre que les religions comportent des injonctions dogmatiques, sacrées, donc indiscutables, qui sont des appels aux meurtres tout au long de l'Histoire ? Le fait qu'elles revendiquent aussi une part bienveillante ne les exonère pas de cette tare héréditaire, donc des rectifications radicales à accomplir, elles comme tous les mouvements historiques. Qui ose encore défendre les crimes du stalinisme ou du maoïsme en dehors de certains nationalistes russes et chinois ? Cette remise en cause est normale, nécessaire, indispensable. Quand les religions en font de même, c’est un pas significatif. Mais il est trop souvent d’une discrétion absolue.

 En résumé, l’extrême difficulté consiste à départager la lutte contre les idées et sentiments, religieux ou non d’une part et le respect des personnes en tant que telles d’autre part. Un long chemin, une lutte à la mesure des crimes de l’islamofascisme.

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