Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Bernard Pradines

Vidéosurveillance : changer de logiciel politique ?
Vidéosurveillance : changer de logiciel politique ?

La défense des libertés individuelles fait partie des préoccupations de la gauche française et des écologistes ; c’est heureux. D’autant plus que les temps se prêtent à l’inquiétude dans ce domaine. La dérive autoritaire du gouvernement actuel ne fait plus de doute jusque sur les bancs de sa majorité pourtant si docile au début du quinquennat.

Les possibilités d’atteintes aux libertés se sont multipliées avec les avancées technologiques. Ainsi, l’utilisation de drones pour filmer les manifestations et des logiciels de reconnaissance des visages rendent possible l’identification massive des manifestants les plus pacifiques. Cette panoplie n’est pas la seule à mettre en cause l’intimité de nos vies. Un exemple en est la commercialisation et l’achat facile de dispositifs type « trackers » qui permettent, si leur utilisation est dévoyée, de suivre et de localiser une personne à son insu. Les fichiers informatiques, quant à eux, présentent des vulnérabilités fréquentes qui autorisent des détournements malveillants. La possibilité d’être enregistré à son insu lors d’une visioconférence est un des derniers avatars d’une technique galopante, souvent utile mais encore mal maitrisée.

Dans ce contexte, l’article 24 du projet de loi dite de « Sécurité globale » allait passer inaperçu tant le danger terroriste de forces de l’ordre ciblées était mis en avant.

Pourtant, les constats et les sentiments de bien des françaises et français ont basculé en quelques jours. La répression aveugle des migrants et de leurs soutiens sur la place de la République à Paris le lundi 23 novembre 2020 a fait irruption dans nos esprits et à dans nos cœurs grâce à la puissance des images, aux possibilités de les capter et de les diffuser. Le passage à tabac et les insultes racistes contre un homme à Paris, Michel Zecler, le samedi 21 novembre 2020, dont la diffusion vidéo a été regardée déjà à 14 millions d’exemplaires le vendredi suivant est venue mettre un point d’orgue à ce propos.

Fait rare, on n’entend plus prononcer les mots traditionnels de « présomption d’innocence » censés clore le débat. Ici, deux vidéos simultanées, celle d’un voisin et celle de la vidéosurveillance du local professionnel de la victime font l’unanimité sans discussion.

Et si l’image animée était, au contraire des idées reçues, facteur de transparence contre les abus de toutes sortes, sans oublier ceux de forces dites de l’ordre ? Si la possibilité de filmer avec le moindre smartphone pouvait être le témoin numéro 1 de la dérive répressive du pouvoir exécutif ?

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article